Boutteville : Église Saint-Hermeland


Travail et photos de Jacques Davigneau. Un grand merci!!

L'Eglise de Boutteville  est placée sous le vocable de Saint Hermeland.

 

La vie de ce saint (vers 639-710) ressemble à celle de beaucoup de dignitaires mérovingiens convertis.

Grand échanson de Clotaire III, il refusa de se marier et se retira à Fontenelle où il eut pour abbé saint Lambert, successeur de Saint Wandrille.

Faisant partie d'une colonie de moines appelés par l’évêque de Nantes, Pascaire, il fonda à 10 km à l'ouest de la ville, sur la Loire, le monastère d’Aindre (Indre) qui acquit vite une vaste renommée.

Chaque année, il faisait dans l’île voisine d'Aindrette (Indret), une retraite ascétique. (Saint Herblain près de Nantes a la même origine).

 

Vénéré dans toute la Bretagne et en Normandie, il est invoqué pour la protection des moissons et pour la pousse de l'herbe.

 

On le représente parfois accompagné d'une vache.


Toute la partie sud du cimetière est occupé par un if très ancien dont les ombrages se marient admirablement avec le porche flamboyant.

A l'ouest, on découvre un panorama immense sur le centre du canton avec ses riches herbages, ses fermes opulentes et ses clochers en bâtière, Ecoqueneauville, Turqueville.

A l'ouest, on découvre un panorama immense sur le centre du canton avec ses riches herbages, ses fermes opulentes et ses clochers en bâtière, Ecoqueneauville, Turqueville.

L’église conserve des parties romanes d'un grand intérêt. 



Le mur pignon ouest, garni d’un essentage en pierres de Tourlaville, s’ouvre par un portail du 12ème siècle dont le cintre est formé de bâtons brisés, et, au-dessus, d'un cordon de quatre-feuilles bombées. 


Entrée porte latérale, côté sud

Côté sud de la nef, beau porche de la fin du XVème siècle, voûté, avec une porte en anse de panier surmonté d'une gracieuse niche flamboyante (traces de polychromie).

À l'intérieur, l'arc triomphal roman conserve de beaux chapiteaux. Sur l'un, un serpent s’enroule autour d'un homme, sur l'autre un personnage tient une crosse dont la volute s'appuie sur une tête humaine à l’envers.


Sur les chapiteaux, le thème fréquent (présent également à Sainte-Marie du mont) d’hippogriffes aux bonnets pointus.

Sur le mur nord du chœur, porte murée avec arc en mitre soulagé par un arc de décharge surbaissé. 



Perque en métal, seconde moitié du XIXe.


Fonts baptismaux

(au fond de l’église) à double rang de godrons, pierre du XVIIe siècle

L’autel en bois, néogothique, porte sur le côté droit cette inscription : « AUTEL FAIT PAR LE LAIDIER DE SAINTE-MARIE du MONT ET L. DEMEAUTIS DE BAUPTE. MR LECOT curé ; TVIIR le cartel maire. Don des paroissiens. 1897. 



Dans le chœur est conservée la pierre tombale de Jacques Pillegrain (classée à titre d'objet aux Monuments historiques) qui fut chantre de la Sainte Chapelle, chanoine de Coutances et archiprêtre de Sainte-Marie du mont. En voici le relevé :

« C'EST LA REPRESENTATION DE NOBLE ET CIRCO(N)SPECTE P(ER)SO(NNE) M(AISTRE) JACQUES PILLEGRAIN, HUMBLE P(RE)B(T)RE, EN SON VIVANT CHANOYNE DE COUSTANCES EN LA PREBENDE DE BOISHERON ET SAINCT QUE(N)TIN EN VERMA(N)DOYS, CHA(N)TRE ET CHANOYNE DE LA SAINTE CHAPELLE DE PARIS………….

ARCHIPRETRE DE SAINTE-MARIE-DU MONT, CURE DE LA GRANDE PORTIO(N) D’APPEVILLE, PATRON FO(N)DAT(EUR) DE LA SECONDE PORTION DE GESTE EGLISE, FONDAT(EU)R PATRO(N) ET ORD(INAI)RE COLLABORATE(U)R DE LA CHAPELLE DU TRES SAI(N)CT NOM DE JESUS AU MANOIR SEIG(NEURIAL) [DE BOUTTEVILLE]………………………..QUI DECEDA LE 25 JOUR DE …………………….L’AN MIL VCC 87, ENTRE LES MAINS DE DIEU SOIT SON ESPRIT AVECQ / LES SAINCTZ EN PARADIS. AMEN JH(E)S(US). »

Cette inscription est accompagnée de 3 blasons semblables qui se lisent : « d'azur, au sautoir d’or, cantonné de quatre rocs d’échiquiers de même », armes des Roger, sieurs de la Ponterie à Villiers-Fossard, monnayers à Saint-Lô, comme l’étaient les Pillegrain. Jacques Pillegrain avait donc repris les armoiries de la famille Roger à laquelle il était certainement apparenté. On peut supposer que Bernard Roger, auquel il avait succédé à la cure de Sainte-Marie du mont en 1557, était son oncle ou un proche parent du côté maternel".

Jacques Pillegrain avait fondé dans son manoir de la Cour une chapelle dédiée au saint Nom de Jésus, dévotion qui venait d'apparaître, notamment dans l'Ordre de Saint François. Il ne reste rien de cette chapelle. 



A partir de « Trésors d’art religieux du canton de Sainte Mère-Eglise. Collection Art de Basse-Normandie »