L’église Saint‑Manvieu dépendait du prieuré de Marchésieux, fondé vers 1070 par Robert d’Aubigny, compagnon de Guillaume le Conquérant. L’église actuelle conserve des traces de cette première implantation médiévale, même si la majorité de l’édifice visible aujourd’hui relève des XIIIᵉ et XIVᵉ siècles.
Elles ont été mises au jour en 1944, après les bombardements, puis classées en 1953. Elles illustrent la Légende de saint Manvieu, des vies de saints locaux, ainsi que des scènes bibliques majeures comme le Massacre des Innocents et la Présentation au Temple.
Palette dominée par le rouge, le bleu et le blanc. Figures élancées, gestes amples, compositions structurées.
Technique de la fresque gothique, rare dans le sud‑Cotentin.
Située dans une zone stratégique lors de la bataille des marais en 1944, l’église subit des dommages qui révélèrent paradoxalement ses trésors cachés. La redécouverte des fresques fut l’un des événements majeurs de la restauration patrimoniale d’après‑guerre dans le secteur.
Clef de voûte - XVe siècle -
XVIe siècle -Le martyre de sainte Apolline :
En 249 après J.-C., sous le règne de l’empereur Dèce, une vague de persécutions contre les chrétiens a eu lieu à Alexandrie. Apolline, qui faisait partie d’un groupe de vierges consacrées, a été capturée par des païens. Ils lui ont brisé la mâchoire et arraché toutes ses dents. Ensuite, ils l’ont menacée de la brûler vive si elle ne reniait pas sa foi chrétienne. Plutôt que de céder, Apolline a choisi de se jeter elle-même dans les flammes.
Elle est souvent représentée avec une paire de tenailles, symbolisant son supplice, et la palme du martyre. Sainte Apolline est la patronne des dentistes et est invoquée contre les maux de dents
Sainte Marguerite d'Antioche
Sainte Marguerite avec le dragon sous ses pieds, statue. Sainte Marguerite d’Antioche (ou Sainte Marine) est une vierge martyre du IVᵉ siècle, célébrée le 17 juillet. Orpheline élevée à la campagne, elle repousse les avances du préfet romain Olybrius et subit diverses tortures. La tradition raconte qu’elle chasse un démon par un signe de croix, qu’elle survit miraculeusement à ses supplices, et qu’elle est finalement décapitée. Sa légende, très populaire en Orient comme en Occident, rapporte qu’elle fut avalée par un monstre dont elle ressortit en le transperçant de l’intérieur, d’où sa représentation « issant du dragon ». Elle est invoquée pour la délivrance des femmes en couches.
La sainte est représentée en prière, un genou à terre et les mains jointes. Elle porte un costume riche de la fin du XVIᵉ ou du début du XVIIᵉ siècle : robe bleue, corset à basque orné d’un pendentif en croix de Malte, manches courtes gaufrées et coiffe gaufrée. Son visage présente les traits typiques d’un groupe d’œuvres régionales : visage allongé, modelé plein, nez long et droit, yeux arrondis et écarquillés.
Cette statue appartient au style de l’« atelier des marais », auquel sont rattachées la Vierge à l’Enfant de l’Huis-Ouvert (Feugères), la Vierge de douleur et le saint Jean de Montreuil-sur-Lozon. Les restaurations récentes ont révélé des sculptures autrefois encrassées ou recouvertes de badigeons, faisant réapparaître des couleurs communes : bleu, rouge, vert. L’ensemble semble issu d’un atelier local de sculpture sur bois, probablement d’une même main ou d’un même cercle. Le corpus pourrait s’étendre, notamment avec le groupe de Sainte Anne et la Vierge de Tribehou.
Un aigle-lutrin dont les serres sont posées sur un agneau
Premier quart du XIXe siècle -
Pupître Limite XVIIIe siècle XIXe siècle -
Statue-pupître : Moïse tenant les Tables de la Loi . Bois polychromé. La statue est posée sur un ancien tabernacle
